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venir

tu viens si lente...
venez à moi et dans mon crâne...
viens à moi...
viens à moi je t’y supplie...
venez à moi comme...
viens t’y déposer...
si je viens fondre des merveilles...
venir sans penser...
du bon temps à rouler...
dans ses boucles...

tu viens si lente
que le temps d’une marche
a pris l’exemple
d’une parade infinie
où d’un coup l’espace
s’envolerait de son nid
qu’est-ce qui fout le camp

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venez à moi et dans mon crâne
images remarquables
dont le parfum se grave
à la surface des pupilles
ineffaçable déposer
à mes épaules
chacun de vos visages en une galerie
de portraits à l’horizontal

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viens à moi
les ruines molles
s’abattent de jour en jour
à attendre l’œil
traverser l’ombre de paupières
en abat-jours

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viens à moi je t’y supplie
des arcades de menaces
séquestrer à croupir
si nous rampions
l’un vers l’autre
sans jamais se lier
je boufferais le sol
à pleines dents

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venez à moi comme
d’autres aimeraient
s’en approcher
dévorer
jusqu’à rôder
à même vos pieds

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viens t’y déposer
pas à pas
dérober la peau
qui unit chaque
sourire
là où s’y dispose
chacun de tes mots

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si je viens fondre des merveilles
au creux de ces paumes
forger tes joues
colorées
d’un pastel vermeil

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venir sans penser
avant que le retard ne me guette
toisé énorme avec
les silhouettes de l’échec
et le reste
je m’en moquerais

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du bon temps à rouler
et que tu viennes à moi
sur la tranche du soleil
au milieu des carcasses
y peindre les anciennes
couleurs dorées

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dans ses boucles
il y a comme des spirales
tout autour
qui n’en finissent
jamais de venir me
regarder des yeux dorés
et les miens
alors hypnotisés

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