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quand j’avais vingt ans tout allait bien

les linoléums parqués sur...
demain je parlerai encore...
on m’a donné le...
l’autre pavanée comme une pute...
j’ai ma petite dimension...
es-tu venu...
je ne vois rien...
mon urine s’agite comme des larmes...
je descends les rues à l’envers avec les godasses à droite...
après avoir castré les murs...
s’il y avait sous les frasques molles...
je veux abolir les météores...
qu’ai-je dans ma tête...
la silhouette de l’asphalte...
je ne veux plus jouer...
il y a une plaque...
les verdures à la fenêtre me saluent...
de la bile...
j’ai dans mon crâne les affairées dont personne ne s’y attend...
pleure il arrive tu sais venir...
du bon temps à rouler...
j’ai l’habitude d’être une machine à café perdue au milieu de la savane...
j’ai le style de l’éternel à foison au cul de sac...
l’automne...
je crois que je suis amoureux...
les mots devraient être silencieux...
la ville est venue à moi...
je boudais les cages noirs de l’enfance aux jouets...
les feuilles se calquent au soleil...
silence ça tourne...
aux dernières heures je suis malade...

les linoléums parqués sur
les façades reflètent en
cliquetant de surprise
à tout geste abrupte
et le sol s’écrase derrière
chaque pas annonce
l’aplatissement latéral
des matières linoléums

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demain je parlerai encore
l’amour pour oublier
celui d’hier et d’aujourd'hui
sans revoir le dernier
qui a oublié ses lacunes
et d’autres pardonnées
dans ma chaussures brune
gauche pleine à chier

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on m’a donné le
silence dans une
l’éprouvette je l’ai
ouverte et tout a
pété à ma tronche
si tout le monde
allait se plaindre que
ce type n’est pas
assez causant pour
nous vous en foutra
toi le monde

>>>

l’autre pavanée comme une pute
les bottes aux mollets
comme des capotes à langues
les talons glapissent au sol
et des jambes à branle-bas
qui rasent sa jupe tondue
pour que son cul se balade
dans les sens incertains
favoris des yeux paumés
avec pensée convergente

>>>

j’ai ma petite dimension
dans le revers d’une poche
j’y crois comme un manche
comme un valet un pion
je pense que c’est fantoche
putain que t’es pas con

>>>

es-tu venu
dans le siècle
du désespoir dentifrice
sans odeur on se plaint
qui y goûte
et veut y travailler
de nos têtes sans cloître rien n’y échappe
je m’en lave la bouche
vas-y crache crash

>>>

je ne vois rien
l’absence seule me remplit de vagues
qui se hasardent sur
les falaises
le lendemain
l’aurore sera fracassée par un lit
où s’étendront de grands yeux
l’ennui

>>>

mon urine s’agite comme des larmes
et je pisse à longueur d’heures
des sanglots jaunes j’ai perdu
dans d’inconsolables infortunes
des milliers de gouttes lacrymales
qui m’ont fait oublier pourquoi j’avais bu

>>>

je descends les rues à l’envers avec les godasses à droite
ma coiffe au pipeau et les bruits du baratin de putain merci
merci
à l’endroit les vitres des voitures qui se glacent à ma vue
de quoi ai-je l’air d’une chanson
pop mal chiée le pape
et dix milles capotes
avec un cuir grigri maudit oh merci
merci
les trottoirs me chassent du balais
casse-toi
mais tire-toi
trace-toi détroit d’ormuz
dans les égouts dégage à ta source
comme le sable qui grignote le sol d’amour
et les gens qui le châtrent à chaque pas
comme ces jeans moisis d’albatros farsi
et moi farci de ce destin à moi merci
merci
les trames clochent en chœur ding
je voudrais suspendre l’appendice du temps par la petite aiguille
à cet instant où les rouages se bloquent et déraillent sans fin
des secondes abyssales qui se résumeraient à la crotte du chien

par terre à quelques pieds de ma chaussure
sur les falaises d’une bordure à ma merci
merci
et mes pompes se sentent ridicules
quand une de mes côtes déambule à talons
que son cul résonne encore au son des tacs-tacs
elle me pipe des mètres et des mètres d’écho
indiscrète j’ai dit merci
merci
ma parole qui vous a appris la politesse
rendez-leur ce signe qu’il vous bénisse
même sur un passage clouté
les tacots se stoppent
mais je ne courberai pas la tête
ni ne lèverai un doigt non merci
merci

>>>

après avoir castré les murs
de bibliothèques vides
de couilles sans vie
de filles nues
nanas gnangnans
avec des petites cuisses en papiers
qui dansent le cancan
qu’aura-t-on gagné
rien
des cerveaux
un bocal de blablas globuleux
mélangé à du rosé littéraire
une histoire de cul
vitale et infinie
qui me touche le cœur
et mon torse s’écule
comme si je chialais des poumons
toutes les bites éjaculent
une castagne de phallus
entrecroisés
et l’acier d’or des semences qui s’écume à chaque coup
cela fait des étincelles molles et fertiles
dont la machine s’étonne
c’est comme des sucettes
qui se cachent sous les futals
et pourtant
c’est la guerre sur les largeurs des langues
un bazar
les charognes et les bagarres
l’œil de lynx à la tête de mangue
moelleux ovales au hasard des sagaies
qui percent l’air et la rixe
j’espère qu'ils te toucheront l’os
le noyau et la plante des pieds où se planquent les moules
plâtres de la connerie sublime
j’ai vu depuis longtemps
les sciences fictions affectives de leur mémoire
qui ne disent jamais rien
d’autre que
dalle
et tristement l’urne lourde de l’œil
pleine de vrilles et de strasses
rampe à côté des persiennes
y-a-t’il une honte à n’aimer personne
pourtant je regarde ces paupières timides
qui clignotent
ô s’il vous plaît
demandez mes lettres
lisez-les mes petits mots
que vos spirales prononceront comme des joyaux solides
alors si j’étais un pitre
j’espèrerais vous aimer un à un
d’entre tous mes bras celui-là celui-ci
et lequel encore dis-moi
tous
pour mieux connaître le néant de vos pensées qui trouble la mienne

>>>

s’il y avait sous les frasques molles
que d’énormes mots
avec de beaux concepts ma parole
et aucun bedeau
pour guider les petites bouches moches
à se croire parfaites
qui oserait déplier sa caboche
oh je pense si laid
épargnez donc ma langue à cloche
qu’on frappe son dos
bon dieu sauvez mes oreilles quel viol
mes yeux et mes os
et ceux qui parlent mal tenez leurs lèvres ensemble qu’on les collent

>>>

je veux abolir les météores
qui furent les nôtres
et ceux qui se détériorent
approche qu’on les supprime
écrase-les
éradique-les
qu’il n’en reste rien qu’il n’en reste rien qu’il n’en reste rien
c’est comme cela m’a dit maman

>>>

qu’ai-je dans ma tête
une série de cons
alignement
géométrisé de femmes
travesties en explosion
dont on me soustrait à la verticale
par ma langue
les concessions du cerveau
j’ai mal aux cervicales

>>>

la silhouette de l’asphalte
s’est écrasée aux abords
d’une halte brumeuse
comme une limite infinie et compacte
sur la route l’on viendrait
à se demander où de
nulle part
ou d’un nuage
passager
le brouillard nous a croisé

>>>

je ne veux plus jouer
ma chair à gage en a marre des jeux
cela me troue le moral et la boîte crânienne
surtout
ne plus parler
et si ta bouche s’ouvre à je ne sais quelle angoisse
elle le sera seulement pour m’aimer

>>>

il y a une plaque
et moi à côté
la mouise à deux pieds
comme pose la flaque
l’air d’un vitrail
au fond des remous
et ma gueule déphasée à sa surface
collée par la glu
j’irais m’y noyer d’un coup
pour regagner l’or plongé
des mers au soleil
le zénith étrange des mecs
magnifiquement à côté
à côté de la plaque ici

>>>

les verdures à la fenêtre me saluent
et personne n’en a rien
à foutre à faire
des gueules au vent
moi j’ai l’œil de travers
les poutres les branches
me draguent que diriez vous
mes toutes vertes d’aller boire un verre
quelque part à l’écart
de ces suffocantes plastiques
en dehors du cahot
humain nature
vous abondez de charme
et je ne sais où tourner la tête

>>>

de la bile
l’estomac absent
ma bille au cerveau
ça me bouffe l’escargot
lentement
lentement
mais sûrement
à caduc halluciné
indélébile mais sûrement
déjà effacé
déjà rayé du champ de vision
nada hé
j’y vois rien du con
tachistoscope perception
j’atterris comme une limace
j’aimerais avoir une tête de salade
que les gastéropodes me grignotent
à leur aise
à votre aise mes petits amis
vous aimez n’est-ce-pas
le reste de ma raison entre vos bouches lentes
la moisson de ma mémoire
les ruines du malheur à votre goût
enfin alors seulement
enfin alors l’araison

>>>

j’ai dans mon crâne les affairées dont personne ne s’y attend
les bribes de confiance à qui les donner
des mots vastes à l’avenir saoul et long
le reste de poussières où s’y réunissent les mémoires abandonnées
il en regorge de grands couloirs abscons
d’idées grignotées par le mensonge
de trop avoir à ranger le bordel
qui garnit chacune de ses pensées
j’ai tout laissé comme cela
ouvert aux rats
à la brise
que ça pourrisse
j’ai voulu y remuer des raisons auxquelles rien ne siégeait
j’ai voulu y trouver de quoi satisfaire le passé et ce qu’il en sera
non que cela soit assez
mais il n’y avait rien d’autre que ce qu’il en restait déjà
de la merde encadrée
compilée dans caisses
étiquettes à l’appui
en règle et organisées
des noms inconnus qui me rappelaient encore
pourquoi les pires saloperies ont le droit d’être délaissées

>>>

pleure il arrive tu sais venir
il arrive seulement entier et sait venir tout à part
pleure il arrive tu sais venir
je suis tellement pur
je suis si
caprice don à ma nature
assise sur les berges et les rives
je mens comme
je mens
assise sur les berges et les rives
les flots sont de loin ce qui m’attirent
ils arrivent entiers et tous à part
trop vite trop vite trop vite
lassants
je mens comme
je mens
comme il le faut

>>>

du bon temps à rouler
peinture bleue sur shampoing doré
les boucles en spirale le long du vert
au ruisseau la fortune des lettres
perdre un peu par la bouche
s’entraîner à vomir
boire à s’emmêler chaque pas
le hasard des rencontres
au revoir et à jamais
les longues pauses du sommeil
à l’éclairage matinal paresseux
la nuit élastique et inutile
jusqu’au brouhaha dehors sonnent les oiseaux
l’altitude du monde
terrestre est un voyage désert
où l’on croise l’universel décalage
la vingt-deux et l’odeur d’herbes
entre les bières plates esseulées
virées des voitures aux grands phares bourrés
au danger tout prêt et ouvert
craindre les vitres brisées
les amis du nécessaire
ensemble pour ne rien dire
juste le bon temps à rouler
et avaler ce qui fume
je resterai aussi le week-end
baiser les oreillers j’en garderai le plaisir
titiller des cheveux au bout de la langue
aux heures d’être retrouvées de communion
l’un sur l’autre si possible
les pieds nus au milieu de la pluie
le gazon se fera soyeux
je resterais pour tous à danser
parfois à pattes sur des distances abîmes
où marcher s’analyse vers la fin du parcours
l’impossible vie des chaussures
s’apparente aux vacances qui s’érodent
jusqu’à l’ennui du bon temps à rouler
j’essayerais de recommencer
au parc

>>>

j’ai l’habitude d’être une machine à café perdue au milieu de la savane
avec des sarbacanes au cul comme des fusils conquis
non sans qu’aucune civilisation me soit venue en aide
mais l’ambiance du désert
c’est une montagne de sable dans la bouche
on y bouffe sec
même si certains ont tenté de m’offrir du maïs en colonne
ou des saguaros en bassine
je leur lançais à la gueule des tabous majestueux sur ma condition chamanique
de chameau
de chieur en soi
m’interdisant toute inhalation de telles substances
le gaz toxique
l’air chaud ensoleillé
j’ai vu la terre dessiner des miroirs
ma tête taper contre des cymbales suffocantes
j’ai bu
bu à pisser comme un immortel
et pourtant rien
pas une goutte
juste de la sueur au crâne
et rien d’autre à penser

>>>

j’ai le style de l’éternel à foison au cul de sac
celui qu’on vous jette à l’œil
les paillettes et le bonheur qui vous sied
celui qui s’emmerde au fond
à s’étaler au sol au ciel des autres
c’est se ramasser des pieds dans la face
cela doit être dieu
lui s’efforce régulièrement
sous de grandes enjambées
à m’envoyer ses godasses par saint esprit
dis-le encore
dis-le encore
dis-le dieu dieu dieu
dieu est une énorme guimbarde
qui se joue à l’entrée d’un trou noir
et le temps
alors
se profile d’hallebardes de sons
boing
cela résonne de pan à pan
un ricochet céleste
mémoire
qu’est-ce que c’est encore que cela
un chaos
un chahut
des têtes à prix qui défilent une à une
de sentiments séniles
d’affaires que le monde
déjà
a tout oublié
et si jamais
on vous laissait par hasard des
au revoir maman
on m’a foutu à terre un bon nombre de fois
et je ne me suis jamais
jamais relevé
croyez-en qu’il y en aura au moins un
qui s’en pâmera
à travers toute mémoire et tout temps
la main posée sur ce métal sonore
à vous jouer des moqueries
avec le style de l’éternel à foison
au cul de sac

>>>

l’automne
c’est une maladie
des soleils d’or à couleur cramoisie
recouvrent le temps de sa vieillesse
laissant des crevasses visibles
aux yeux nus
clignotants
soubresauts
insectes qui nous apaisent encore
cet été
et ce qu’il en reste
il y a ce dernier avion collé au ciel
figé aux alentours
tout est à finir
congelé
comme dans un frigidaire
à jamais fermé
jusqu’à
tant d’autres jours ouverts
je prends date
de ton numéro
mon été

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je crois que je suis amoureux
encore
d’avoir le cœur en phase
mon dedans en dehors
plante la paysage de chaque artère
et le décor lui
ne ressemble à rien
je crois que je suis amoureux
encore
d’avoir l’ordre à porter
aux ordures mêmes
entre les décalés du siècle
le torse bombé au chérozène
sans danger d’explosion
je crois que je suis amoureux
encore
d’avoir la barque en déroute
de gauche à droite
docteurs et messieurs en besognent
à l’origine du mal
car j’adore me sentir paumé
je crois que je suis amoureux
encore
d’avoir l’âme lente
ma copine ne déconne pas
nos raisons d’être ensemble
je les chercherais de mon côté
parmi le paillasson
à l’entrée

>>>

les mots devraient être silencieux
mais ce sont les pires cauchemars
leur bruit s’écoute à tort
les promesses de mauvaises langues
des combles à vide-grenier
qu’on entend sortir de mauvaises bouches
les mots c’est à en faire n’importe quoi
un parc à post-it
un décombre comme un énorme parking
et y tombe ma mémoire
un sac poubelle de phrases déchiquetées
quelqu’un est venu
il a tout déchiré
il y a foutu le bordel
en désordre les siens les miens
le sens des mots c’est une affaire de solitude
personne ne les partage
chacun les gobe
les mange
mais l’on en apprend rien
et le silence d’ailleurs
(et je ne sais pas pourquoi par contre)
est un mot à chier
des heures

>>>

la ville est venue à moi
parée de frigolites et d’oreilles
elle m’a dit
si tu pouvais moins causer
il y aurait le silence en mon sein

>>>

je boudais les cages noirs de l’enfance aux jouets
laissant les bagarres à vide contre aucun ennemi
car la révolution se voulait amusée
comme une baltringue d’inconsistance
comme une passion bourgeoise
d’agglomérer bataille et branlette avec stance
moi je ne crèverai jamais de faim
non mais l’ennui me perdra à vie si
les combats invisibles
abattre l’air de plis
mes souffrances ce sont démunies de gaillardise
et werther s’en plierai en quatre A4
clopinclopant les canettes sidérales
ca gars ne bouge pas d’une menotte
tandis que des pas costauds survivent aux coins des rues
et moi j’ai l’ennui scotché au cul

>>>

les feuilles se calquent au soleil
au ciel se casquent d’océans
les immeubles sont de grands colonels
alignés en panthéon vétéran
parmi les colonnes à cannelures
des médailles aux fenêtres
quand je passe à leur porte
ils me saluent d’ombre
heures où il s’y fait vert
l’humeur du café est un réveil
l’été une canicule d’ennui
les tourments d’aucun nerf
s’assoupir s’y fait bonne oseille
et s’endormir sur de bonnes oreilles
demain
il n’y aura rien d’autre à faire

>>>

silence ça tourne
silence ce beau gosse
il paraît que c’est une denrée rare
et qu’il ne se déhanche pas d’inutilités
d’ailleurs
ses boulevards préférés sont des avenues à poil
où il y germe des lampadaires
dans des allées de nuit
silence ce beau gosse
il paraît que c’est un orphelin
qui blablate sans cesse de ses parents
mais qu’il n’a jamais rien à en dire
alors ça lui fout le cafard
le cœur en bout
en bat
la soupape fermée
le silence
ça va péter

>>>

aux dernières heures je suis malade
le diamant serti par l’orfèvre
s’est désossé de mon crâne
aux oubliettes directement
court passage par les égouts
plongée sur ma folie
contre-plan
on m’écrase
cut
fin

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