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meilleur que boom

meilleur que boom statue la ville iode sur les prophètes humains de nos nouvelles ères digits...
je me tape l’humeur de la ville à longueurs de journée...
je suis noir comme vos étrangers...
rare...
ça me remonte à la gueule...
t’as pas vu le temps qui se casse...
meilleur que boom...
t’as l’art de raconter des histoires...

meilleur que boom statue la ville iode sur les prophètes humains de nos nouvelles ères digits
meilleur que boom sur les news sincérités du futur sacré sacrées
meilleur que boom pour un peu de fric à débourser à celui-là qui veut de la tune pour son moignon tout nu au coin du monoprix
meilleur que boom sur la ville glissante change rail explose et la TV dramatise l’univers hostile qui a déjà explosé
je voudrais meilleur que boom à l’avenir ndombolo
je voudrais finir l’ironie finir les sarcasmes et bloquer l’écriture bloc-à-bloc
et je voudrais finir vrai de justice et sincère et matière sensible et boom
meilleur que boom
il est dit qu’il vaudrait mieux que vous peigniez comme des dingues chacun des murs ne laissiez aucune part terne
et ne riez plus à penser peignez comme des putains de peintres en bâtiments qui n’ont rien d’autre à vivre
il est dit qu’il vaudrait mieux que t’écrives comme tu dois lever le jour avec des mots noirs blindés d’encres fluors
et c’est tout de relier le papier avec des conneries vaut mieux être terre-à-terre contre tous ceux du ciel
il est dit qu’il vaudrait mieux que vous parliez comme si chaque bouche avait la réalité dans ses tripes
et qu’on se faisait son propre boucher car il faut admirer des milliards d’estomacs désormais si l’on est un artiste du monde
il est dit qu’il vaudrait mieux décrire l’existence par le plus banal que de la tirer vers le sensass de branleur
et qu’on dise je t’aime et que cela s’y réduise comme un trou super massif absorbe tout super flux
il est dit qu’il vaudrait mieux que la musique s’entende comme s’écoute entendre la cohésion magique
de ça de ci de sublimés à l’un au-dessus du méga groupe d’ensemble à part grâce à la magie des dieux
il est dit qu’il vaudrait mieux que tout ça soit vrai

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je me tape l’humeur de la ville à longueur de journées
chaque soir pas de stress
ramène le métro et les bus
l’état d’esprit du trafic trop de bordel
les immeubles alignés en parc en manque de verdure
comme personne n’y accède bien que la masse y circule
parmi les gens sous la pluie entre les rails
et le tout
qui jacte de bruits
correspond lettré sous fax sous cellophane
fout la campagne au bout du monde
parle-moi sur un autre ton la ville
parle-moi à moi seulement
cause comme personne ne t’entend
je tends l’oreille
je prends des pavés
t’es disponible constamment en travaux
ils sont à combien à marcher constamment sur ta gueule
rien qu’à mater l’échec
les champions qui brodent à se croiser en véhicule
au carrefour priorité à ma gaule de bagnole
l’enculade c’est qu’ils sont tous las de se plaindre
qu’on vous taule au fond du trame
tous se fient au principe qui gouverne
la loi de la baltringue du silence qui se respect
tant que tout circule il n’y a pas de lieu pour la crainte
et quand les vieux se régénèrent en plus avant
franchement cette ville ce n’est plus la même ville
alors de plus en plus je dis vouloir y retourner
car jamais elle ne change elle
alors que tous l’abandonnent

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je suis noir comme vos étrangers
ta gueule à part je te l’aurais dit dépareillée
complet
comme mes pompes ne vont à aucun autre costume de scène
(sauf celui d’à côté)
me suis fait tout sur-mesure
de la musique jusqu’au maintenant je sais je sais étranger
qu’on paie le prix étranger
qu’on respire l’air de mon pays étranger
qu’à travers des écrans où rien ne voyage même pas l’étrange
due cause de la platitude des images etc
je me vois crever en live
car ne vis nul part ni ici ni là-bas
ni ne connais le repos
je meurs en télé comme à la rue
né à deux pas de ta piaule ou à trois cents iota
la distance importe peu
quand cette attitude partout t’empeste
car
quand il le dit qui le dit
personne n’ose
mais qui le reste le reste
je reste étranger
(je suis ce qui persiste et ne vous appartient pas)

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rare
est entendu qu’on est sous-attaque
sous-stressé à un max de surcoût
comme le porno phase phase
ai perdu ma berlingue à la tête des affiches
sous les abribus couverts de pin-ups
avec leur grosse bouche à pipe
suis juste un cardio-maniaque
le cœur en ramdam bat marque blanche
bien que je lui sers que du bio
insomniaque l’allergie au vide
et impossible à rendormir
sans arrière-fond de pleine présence
je dois être radioactivé en dépression
et j’en ai paumé ma libido
en manque
rare
les médecins n’osent plus définir
mon isotope est comme radical
garni de maladies trop occupé à me jouer du saxo
rendez-vous à l’évidence du diagnose
ne parlez pas à ma gaule
elle se tape les pires gangrènes en germe
jusqu’à ressembler au crocodile
un épiderme de dinosaure
comme finie par être plus que sénile
comme l’époque jurassique sous la menace du météore
à lui claquer une parade de pleureuses à gogo
je chiale non-stop à ses obsèques
un bon coup de barre à saquer l’alcool des piliers de discothèque
quant au bar j’y partage l’avis que j’ai choppé l’herpès simplex
rare
on me fera manger du concept
j’en vomirai aussi sec des angoisses à propos
d’avenir incertain et d’une fin toujours proche
à tant de musique qu’on décoche sur des sites dopes
ambiance autodidacte ou couche-culotte
entre experts de l’inédit qui classifient par ordre alphabétique
alors souligne le non-sens de la connaissance
qu’intellectualiser est un cas de danger ambulant
car le malin cogite de mauvaise foi de peu terroriste de la pensée
parano héritier du doute raisonnable mpd
psychiquement démuni
au resto le serveur met à son compte les table-rases
globalisé sur la séparation de tout le monde
pour mieux régner le savoir il faut savoir le divorcer il dit
penseur bon feu à toi capital en fumée
n’entre pas dans et nie
aucune interstice
rare

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ça me remonte à la gueule
mais ils distribuent encore
les squales du capital
j’ai mon tuba à l’eau
puis couleront les atolls
au revoir mon trésor
le capitaine a mis les voiles
à l’est où crève toujours mao
et ciao bye-bye
ouais-ouais tout est à sec
bébé t’as pas deux balles
je nage en plein souk
la chère bonne fortune
flinguée de frics trop noirs
s’est installée au strass en saxe
sans plus un kopeck en poche
sans rien à me dépanner
et ça fait grave chier
sûr je me casserai d’ici
là où ça tourne fractal
qu’on me saccage ces mauvais rêves
à bon pied de biche
ils me mettront du tort à dos d’âne
riots à perte de vue
ne me laissant pas le choix
contre quoi j’y foutrais bien le mal
à coups de bonnes barres
et me serais enfui
ta piaule grince tard
mais personne n’y paie une oreille
bruxisme écho du phare
à l’océan international
les cargos sommeillent
la mer la houle leurs épaves
le cou au bout des mains
boit l’océan en numéro
alors viens ça finira bientôt

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t’as pas vu le temps qui se casse
agrafé au bout des pages
non je décompte pas les chiffres
plantés dans nos vies
rendez-vous à la morgue
non je ferais pas d’histoires
de ces malheurs détaillés en gros
y a déjà trop de grandes surfaces
pas de talents dans l’hexagone
je mettrais ma peau à vendre
en enfer ou ailleurs
je suis en attente
ouais je t’ai explosé mes atomes
mais ils sont venus ramasser les restes
S.A.S à la rescousse
qu’il n’abuse pas des dernières pièces
en cavale peut-être à jamais
j’aimerais bien sans galérer
et qu’il n’y ait rien après moi
personne ne se souviendra
pas de talents dans l’hexagone
je mettrais ma peau à vendre
en enfer ou meilleur
je suis en attente

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meilleur que boom
à mes clodos milléniums
déplumés du service écriture
qui ont appris à désapprendre
à l’encadré qu’orne le siècle actuel
sans qu’on leur file les mètres du futur
meilleur que boom
à mes pervers téléromans
dont l’encre mande l’aumône
dans les coins vendus de l’audimat
comme le reptile au moindre tam-tam
change de décor pour une autre couleur de peau
meilleur que boom
à mes amis commandos
qui se vissent au siège de la guerre
et dont les missives grèvent nos plaisirs
du glacis des nouvelles anonymes et mortes
jusqu’à ce que plus rien ne fasse à jamais sensation

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t’as l’art de raconter des histoires
t’es la
reine des enfants
qui n’a rien à prétendre
même pas dix piges ni une tune
à fortiori bloc
façon multiprise
en toxémie au bricolage
en vocation tour-à-tour
vers et toute
matière en voyage
ou l’art de raconter des histoires
t’es la
reine des enfants
qui partout sème du ritalin
elle les grille heureux du bon matin
de céréales au scotch en scénario
parce que ce lancelot du lac était pas malin
mais un beau gosse fantoche
de ça et tout ça avec un brio
et une fin où l’art
c’est de raconter des histoires
le monde en est dingue
mais certains sont à s’y méprendre
que tu ne parles pas de langue à langue
mais d’un truc dans les mains
que de dix doigts
que pas même à dix ans
et que de
milles et une nuit à bosser du racheté
plein de cartons en pâte
t’en as les mains sales sales
de marionnettes
et alors
c’est que c’est l’art de raconter des histoires

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