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des masques des dieux des chiens

les masques se détaillent...
j’ai à ma croix mon chien mon dieu...
je suis un dieu...
le chien bleu...
je veux peindre les masques à coups de revolvers...
je suis un chien...
je m’accroche à ta jambe...
le jour est un étranger et je m’y sens clandestin...
je sais marcher à côté de moi-même...
pauvres dieux d’ascenseurs...
tous les jours c’est la même merde qui se dessine...
je veux qu’il y ait des jeux...
rien d’autre que des masques aux attentions immobiles...
mon dieu masque les visages...
dieu si je voyais ces visages...

les masques se détaillent
eux-mêmes
comme des carapaces
sculptées à l’aveuglette
et bien qu’aucun n’ait pu voir
de quelle forme avait-il héritée
chacun se croyait déjà 
lui-même

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j’ai à ma croix mon chien mon dieu
pendus aux clous juste à mes mains
les regrets sévères de ce passé rouge
et j’ai tout à m’en vouloir

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je suis un dieu
je suis le seul
démarqué
avec les masques inconnus
au pied gauche d’aucun
un chien bleuet
et leurs parapets
chacun biscornu
l’être-de-traviole
maintenant
je vous marque

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le chien bleu
mon dieu s’est enterré avec un masque
il m’a dit de ne pas craindre
moi un œil et
notre bon plaisir

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je veux peindre les masques à coups de revolvers
et les trouer d’hématomes
de balles nécessaires jusqu’à se mordre la langue
et savourer la poussière
goûter aux salamandres désespérée comme un dieu
ce chien est une basilic
et voilà que je meurs comme une pierre
je laisse couler l’acrylique
mais c’est gris

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je suis un chien
je suis le seul
accroché
ma sympathie des bavettes
arrimée au mensonge
s’est vue obsédée par ma queue
mon propre sujet-miroir de la réalité
néanmoins tout est gris ou ambre
et mes crocs s’extasient

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je m’accroche à ta jambe
je me plie aux courbes
à tes attentions
ta gueule embourbée d’orgueil
sous ton œil pétrifié tout est gris
il n’y a rien
ni blanc ni noir tout est semi
cela semi ceci

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le jour est un étranger et je m’y sens clandestin
de ces visages saignés par la bave de chien
car les mots sont des armes qui meurtrissent les faces
et les dieux s’y acharnent à se battre d’un alphabet chaste
le silence est un suicide
la loi c’est parler et l’impossibilité de se taire
l’adroit c’est comme chacun communique
moi je ne sais pas m’y faire
vraiment

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je sais marcher à côté de moi-même
alors je me fixe à distance
avec ma langue sur la tempe
je vois j’aboie
pisse je chie
pauvre chien tu t’es vu
je vis en parallèle
immortel perpendiculaire
et plus je me soustrais l’âme
plus je m’y perds
mes yeux sont gris de ciments
des souvenirs de soi argentiques
je suis un passé incessant
et je suis encore

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pauvres dieux d’ascenseurs
votre chienne d’élévation
scandées d’arrêts
et personne ne vous le demande
vers quoi cela monte

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tous les jours c’est la même merde qui se dessine
sales chiens
et les dieux de pacotille
les vieilles bicoques sentimentales
les connards en manquent de caresses
l’absolue trinité de la populace
auto grades
masques
putain
et rien à aimer
à part soi-même
stop
je te taggue la gueule

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je veux qu’il y ait des jeux
des ascenseurs
et rien à coté
pour que les crânes heureux
les manivelles du bonheur
ne sachent s’exclamer
qui monte d’où
et à quoi faire
simplement l’oublier

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rien d’autre que des masques aux attentions immobiles
marionnettes
le pli d’un sourcil en bois
qui s’ouvre à jamais
derrière ce béton sommeille
la chaire et l’os
livide le mensonge vous gêne
ou est-ce la vérité

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mon dieu masque les visages
tronche d’apéro sous les pavages
ma tête à ton bois immobile
rose comme un tutu missile
des revolvers à ton dallage
pauvre chienne à vos adages
j’y collerais un carambouillage
un swing et bada boum les quilles
bowling
le mascara ne fait pas l’âge
des charlatans paysages
et mensonges aréostyles
aux bobards grecs du péristyle
je bingo balance sarcophage
bowling

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dieu si je voyais ces visages
s’illuminer du simple bonheur
j’aurais mis l’existence à vendre
car parfois il en faut si peu
pour y creuser un sens

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