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aldébaran

liste-moi décanter dans les trousses que tu fumes...
amiante...
fleurs fleurs fleurs...
à dire vrai tu es le dépourvu...
luis toi le tar...
une pie à la fenêtre...
pour le peu que disparaissent...
un soir une raison m’a téléphoné son soûl...
j’oublierai...
quoi si je t’aime...
délétère...
elle s’est fait...
le plus beau monstre de la nuit belle partage mon sommier...
cruche de hlökk...
l’amour n’est d’aucune assurance...
oh boulevard quelle tristesse quand j’erre encore...
un matin je suis parti comme un voleur de sa propre maison...
où sont nos nombrils sertis ensemble...

liste-moi décanter dans les trousses que tu fumes
entre l’étoile qui recueille tes aimables
je m’y promène leste
nonchalant
de grâce le plus abruti des voleurs
un brin perdu à la charnière de ton refuge
il ne sait que faire
et en bouche
comme un zeste puéril pour tous ces verres à tes lèvres
si sophistiquées
oui
santé aux justes amis
viens leur verser de l’amiante maladroite
sans goûter de ton palais
ronflant et délicat
qu’à ces jeux ensemble nous sommes nuls
je suis fou et toi tu es soûl
la belle paire

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amiante
l’amie et l’amante

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fleurs fleurs fleurs
d’entre le confins des entres
que je sens rieur
le parfum m’écœurer
lorsqu’au jeu de dais je
gagne son malheur
toujours pour toujours
les mêmes affres
un mal marrant
le nez flâneur et tousseur
songeant aux bras qui s’enlaçaient
comme des beaux murs
je les aime ceux-là
sans mentir
je glousse qu’on me soigne d’une embrouille
et que tous l’ignorent restent en
souvenirs

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à dire vrai tu es le dépourvu
est-ce ainsi qu’il faut donc vivre
j’ai laissé mes souliers prendre le sable
quand je les regarde glisser sur les rails
de ces yeux où il n’y a pas d’aube
mais seulement la pluie de nos jours
je ne crois plus qu’à mon sinistre
laissez-faire pour ce qu’il m’importe
et si les choses changeront au même
je déciderais d’y manquer d’éclats

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luis toi le tar
toi l’eau de mes jours
dans le remous de mes côtes
mare où ils s’y noient comme peu de cailloux
et que je m’y abandonne assez
pour te revoir
pour tout renverser
il est bien trop tard
une fois que le goudron a pris sous mes côtes chaque poumon
et que je fume en moi-même
seul pareil
à un bois mort
le souvenir d’un scalp noir alors
il est bien trop tard trop tard trop tard
pour se sauver
parfaire sa route
je serai le tarmac au sol dont on usera la peau
et ma braise disparaîtra comme un susdit
rare chapeau

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une pie à la fenêtre
convoite ce qui luit
jolie jolie jolie
et la rue une écharde
pendant son envol
bavarde bavarde bavarde
que tu restes histoire d’être
du battement qui lui tarde
amasse amasse amasse
des bijoux dans nos becs
vers le nid cher aux lettres
déleste déleste déleste
au coin en enfer murmure
à trop de fois elle y a disparue
magie magie magie

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pour le peu que disparaissent
tes deux bras
je les déteste
quand je sens les regrets
tous tendus dans tes restes
sous mes ongles se griser
d’être entretenu
je me hais
comme un arbre
à souhaits

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un soir une raison m’a téléphoné son soûl
pour déclamer ses amoureux d’habitude
du yaourt en bouche une voix qui pétille
et me voilà rassis au fond de mes amis
j’aimerais être nulle part
le sofa m’égoutte à n’en plus finir
si c’est le sérum qui fait l’aveu alors là je mets tout à mourir dès aujourd’hui
vois comme tu es triste ô beau gosse
dans tes histoires encore qu’est-ce qui t’émeus
d’être ni avec elle or ni avec eux
il ne te reste qu’à refermer le couvercle
pour qu’avec le temps passe passera
vois-tu
en dormance je ne rêve plus depuis des jours
j’attends
vas-y seulement
d’être gazé entre un nœud de bras

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j’oublierai
quand mes ongles poussent
jusqu’où vont tes cheveux
seront-ils longs
dedans tes doigts passent et mes yeux
s’enlèvent
mais à quoi bon
entre tes bras
caïds
qui m’enlacent comme un mur à gouttes d’eau
les jours lovés font vides
tu es sans rappel

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quoi si je t’aime
tu me veux du bien
on parie pour ça
gazer ensemble au jardin d’enfants et de rire à nu d’égal à égal
brûler sagement
de nos poumons qui
ni gais ni tristes
blancs comme un traître
derrière nous
râlent et toussent
l’air insouciant tape à nos bouches
le sang qui n’a peur de clamser un jour
j’attends pour rien
dans mes cahiers est inscrit ton nom entre les lignes
afin d’oublier
que la nature me ment encore
contre un sourire
ma tirelire de coquillages
ou tout le sable dans ces godasses
que mes deux pieds dansent à tes bras
caïds
autre part qu’ici
sous les draps lavés plein d’odeurs mortes
plutôt loin qu’ailleurs
sur le gazon vert
quand tombent drues
la pluie claire
et la nuitée où résonnent que les baisers d’amants ne disent jamais
de beaux adieux
nous courent après

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délétère
un simple coup d’œil
vitreux et ailleurs
décompose mon charme
qui ne tient qu’à un fil d’eau
pourquoi rester aveugle
je me suis laissé écouler
dans les égouts
d’alger
quand se posent sur moi
de si regrettables sourcils noirs
ils me grondent de ne plus avoir à se retourner
pour un peu
l’espoir
de tout résoudre
ou de se rabattre
comme la page d’un livre à lire
dont il vaut mieux ne plus se savoir du titre

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elle s’est fait
en même temps que moi
tueuse de souris
et si j’étais l’une d’elles
par mégarde
entre ses pattes joueuses
pour une histoire d’instinct
que je n’ai pu choisir
à quel triste sort m’a t-elle réservé
non ce n’est pas sérieux
selon ma fin future je le mérite
infiniment mieux

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le plus beau monstre de la nuit belle partage mon sommier
il est nu comme une gélule toute nue allongée en cuillère
mais au soleil sur les taies ne se retrouve jamais
le sortilège de chaux
que sa salive en cadeau avait imprimé sur elles
ah qu’il est tard et que je tarde pour maudire le sommeil
j’attends voilà longtemps de prendre l’albumine
et que mon sang se déplace en son sang drogué
à mes deux oreillers dites qu’il revienne me retrouver
tant de corps sont sans pharmacie

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cruche de hlökk
verse à qui l’appartient
par les anses jalouses la jalousie
moi je l’enserre
pourtour jusqu’aux brisures
qu’est-ce qu’un pot
sinon du vide que du vide

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l’amour n’est d’aucune assurance

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oh boulevard quelle tristesse quand j’erre encore
dans les allées d’une ville neuve qui ne me mènent nulle part
sous ses arbres d’où le vent les épouse de beaux baisers
alors que leur feuillage vert attend de flétrir
qu’a t-on creusé en ces terres pour qu’elles m’épuisent
de ce qui ne me reste plus
tout y est creux comme un terrier
et elles dansent sur leur passé et rient des présages
sais-tu seulement que vivre ainsi n’est pas assez
et je suis craquelé de peines à croire en un peu de futur

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un matin je suis parti comme un voleur de sa propre maison
j’ai déposé un baiser quelque part sur un mobile illégal
en transit étendu
ouvertement las
et non-réglementaire
sur ses orteils azurs qui bougeaient d’eux-mêmes
mais toi tu n’as pas bougé de tes rêves
alors enfin fantasque moi aussi
je me suis en allé d’où je demeure visible

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où sont nos nombrils sertis ensemble
je les ai cherchés partout
dans le tas des jours
dans tous les tiroirs de vie
ceux-là qu’on s’était échangés
il y a longtemps pour se faire de meilleurs trésors
en pierres d’apocrine
les a-t-on abandonnées
ternir monotones ou dissoutes
dans des affaires envolées
dans la part offerte aux anges
pour qu’entre nous reste l’inconsolable

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